Changements climatiques, alimentation et agriculture : 10 chiffres à connaitre et des idées pour agir !

A l’occasion de la signature à New York le 22 avril de l’accord sur le climat négocié lors de la COP21 à Paris, petit article pour revenir sur les 10 chiffres à connaitre sur les changements climatiques, l’alimentation et l’agriculture accompagnés d’exemples d’actions déjà en cours / de choses qu’on peut faire à notre niveau.

1° 2° 3°, c’est parti !

Lucia

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Mais déjà, 4 chiffres à connaitre sur le défi du changement climatique en général

Thermometre_schema

0,85°C

c’est le réchauffement déjà enregistré dans la période 1880 -2012 sur la base des données recueillies au niveau des terres émergées et des océans (Source : Cinquième Rapport d’évaluation du GIEC, page 2).

+3,7 à 4,8 °C

Les augmentations moyennes des températures prévues à horizon 2100 par rapport à la moyenne des températures sur la période 1850-1900 si rien n’est fait (Source : Cinquième Rapport d’évaluation du GIEC, GIEC, page 21).

+ 26 à 81 cm

montée eauLe niveau d’élévation des mers prévu par le GIEC d’ici à 2100. Certaines études récentes envisagent même une augmentation d’un mètre d’ici 2100 et de 15 mètres d’ici 2500[1]. Rappelons que plus de 60 % des habitants du monde vit dans une zone côtière[2].

+2°C maximum

Logo_COP_21_Paris_2015Le 12 décembre 2015, 195 pays –soit l’ensemble des délégations présentes – ont adopté un accord international sur le climat fixant l’objectif de limiter le réchauffement de 2° d’ici 2100 (et si possible d’arriver à 1,5°).

Comme l’a dit le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius en concluant la conférence « C’est un petit marteau mais je pense qu’il peut faire de grandes choses ! » – tout dépend de sa mise en œuvre effective qui nécessite une mobilisation globale des pays et de chacun.

2 chiffres qui montrent l’impact majeur des changements climatiques sur l’agriculture et la pêche

- 10 à 25 %

la baisse des rendements agricoles envisagés d’ici 2050 alors que parallèlement avec la croissance démographique (presque 10 milliards d’habitants sur terre en 2050  contre 7 aujourd’hui – et encore 795 millions de personnes qui souffraient de la faim en 2015) et le changement des comportements alimentaires, il faudrait augmenter de 60 % la production vivrière (source : FAO).

- 40 %

poissonLa baisse estimée des captures de la majorité des espèces de poissons dû à la hausse des températures (source : FAO). Acidification des océans, problèmes d’adaptation pour les espèces…les effets indirects des changements climatiques demeurent largement inconnus.

Et pourtant les enjeux sont majeurs : la consommation de poisson par personne s’élève à 19 kg en 2012 (+ 90 % par rapport aux années 60), pour certains pays 70 % des apports protéiniques sont liés aux poissons et 10 à 12 % de la population vit de la pêche et de l’aquaculture (source : infographie de la FAO).

Et tant d’inconnus

Si l’ensemble des chiffres donnés sont de l’ordre de l’estimation, il y en a d’autres que je n’ai pas réussi à trouver. La montée des eaux fera également perdre des terres agricoles, combien ? En parallèle certains territoires deviendront peut être cultivables ou plus adaptés à l’agriculture. Comment les plantes et les animaux s’adapteront aux changements s’ils s’y  adaptent ? Comment évoluera le climat au niveau local ? Ce sont tant d’inconnus qui bouleverseront en tous les cas le futur de l’agriculture.

2 chiffres qui montrent que l’agriculture et notre alimentation sont aussi responsables des changements climatiques

10 à 12 gigatonnes d’équivalent CO2  par an. 

Soit les émissions de CO2 des secteurs de l’agriculture, de la foresterie et des autres utilisations de terre. Cela représente environ 24 % des rejets mondiaux (agriculture pure : 11 %, disparition des terres agricole 11 %, 3 % feux de tourbières et de forêts – Source : le Monde)

Et s’agissant de l’agriculture à elle seule, les émissions liés à l’élevage et au fumier représentent plus 60 % de l’ensemble des émissions (source : FAO).

Mais au total jusqu’à notre assiette, beaucoup plus d’émissions de GES

dishes-798316_960_720Du champ à notre assiette, le chemin est long et les émissions de gaz à effet de serre croissantes. Il faut compter la transformation des produits,  les emballages, les transports, la distribution, le gaspillage, les déchets etc.

Sur nos tables, les produits venant de loin, suremballés, déjà préparés sont très présents, le gaspillage alimentaire quotidien. En France, le Réseau Action Climat estime qu’en considérant « toute la chaîne du champ à la fourchette, les activités agricoles et alimentaires françaises représentent 36% »des émissions de gaz à effet de serre » contre 21 % pour le secteur agricole seul.

25ème

Oxfam international dans une étude de 2014 montrait ainsi que les 10 principales entreprises agroalimentaires mondiales (Associated British Foods (ABF), Coca-Cola, Danone, General Mills, Kellogg, Mars, Mondelēz International, Nestlé, PepsiCo et Unilever) regroupées représentent le 25ème pays le plus émetteur de CO2 au monde.

Et qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Quelques idées pour agir à tous les niveaux

Des idées il y en a, des acteurs engagés aussi, et ce à tous les niveaux, partout dans le monde, et de plus en plus – et ça fait plaisir ! Quelques exemples ci-dessous. 

Il manque pourtant une prise de conscience générale que le défi de « Nourrir les hommes » est aujourd’ hui, encore plus qu’hier, un défi qui appelle une mobilisation globale, politique, citoyenne couplés d’investissements majeurs.

Mais comme le montre si bien le film Demain, l’agriculture et notre alimentation sont de magnifiques points de départs pour réinventer le monde  :)

Qu’est-ce qu’on fait au niveau international ?

  • Passer à l’action en mettant en œuvre les engagements fixés dans l’accord sur le climat. Pour cela coopérer, s’entraider ou promouvoir une saine compétition.
  • Favoriser la recherche / les investissements / les projets sur toutes les solutions permettant à l’agriculture d’émettre moins de gaz à effet de serre, de ne pas détruire l’environnement, de s’adapter aux changements à venir. Les efforts sont d’autant plus nécessaires dans les zones fragiles et menacées : les zones côtières, celles avec un fort stress hydrique, les zones où l’insécurité alimentaire est déjà majeure.
  • Encourager des régimes alimentaires ayant moins d’impacts sur l’environnement. Les biens alimentaires ne sont pas des biens comme les autres. Plutôt que de laisser pulluler les messages promouvant l’alimentation trop sucrée/salée/grasse, industrielle, riche en viande – une des solutions pourrait être de promouvoir une alimentation plus simple, basée sur les fruits, les légumes, l’agriculture locale avec moins de viandes (et si viande, une viande de qualité avec des animaux élevés dans de bonnes conditions), moins d’emballages.
  • Et pour les citoyens du monde, continuer à mettre la pression et à s’engager dans tous les débats, les instances ou rendez-vous internationaux. Si la mobilisation de la société civile en amont et pendant la COP21 a certainement permis l’adoption de l’accord, elle est indispensable à sa mise en œuvre.

Au niveau des territoires

54

C’est le pourcentage de la population mondiale qui vit dans les zones urbaines, une proportion qui devrait passer à 66 % en 2050 (source : ONU). Il est donc urgent de garantir sur le long terme la sécurité alimentaire des villes notamment en renforçant les liens entre villes et campagnes ou en développant l’agriculture urbaine.

Et sur le coup, le nombre d’initiatives qui se développent en milieu urbain explosent si vous voulez les soutenir ou y participer : les stratégies d’alimentation durables portées par les collectivités et/ou les citoyens (Milan, Turin, Detroit, Paris…les villes qui se sont lancées sont nombreuses), les projets d’agriculture urbaine, les potagers pédagogiques, le compostage collectif, les circuits courts (AMAP, etc), les potagers carrés pour votre balcon, les toits transformés en ferme etc.

Au niveau des systèmes agricoles

9090 % de notre nourriture provient de seulement 8 espèces animales et 15 espèces de végétaux (Source : CNRS). Si la monoculture continue à se diffuser sur des exploitations de plus en plus grandes (cf. forêt de palmier, champs de soja ou de blé à perte de vue), c’est certainement dans la diversité qu’il sera possible de déterminer les plantes plus capables de s’adapter aux changements à venir.

De nombreux systèmes agricoles promeuvent une plus grande prise en compte de l’environnement, de la terre, des interactions entre les plantes pour favoriser la résilience. Vous avez du entendre parler de permaculture, d’agroécologie, d’agriculture biologique ; les définitions sur le site de Colibris pour en savoir plus.

A notre niveau

Là aussi, les marges de manœuvre sont immenses. Elles peuvent conduire à des effets très sympas tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre : la découverte de nouvelles saveurs, l’apprentissage de nouvelles connaissances (la cuisine, le jardinage), la convivialité et les rencontres (avec les agriculteurs, d’autres citoyens). Quelques idées en vrac ci-dessous et pour creuser rendez-vous sur la page « piste d’actions » du blog.

  • Manger moins ou pas de viande
  • Manger de saison
  • Privilégier les circuits courts
  • Faire son potager
  • Cuisiner et apprendre aux autres à cuisiner
  • Acheter des produits frais / bruts / en vrac,  le moins emballés possibles
  • Composter ses déchets
  • Mettre fin au gaspillage alimentaire
  • Etc.

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