Le supermarché du futur : back to basics !

supermarché du futur back to basicsLes 3 raisons qui expliquent pourquoi et comment faire ses courses demain sera « un retour aux bases », populaire, durable et gourmand.

Comment vous voyez vous faire vos courses d’ici 5, 10, 20 ou 50 ans ? Caddies volants, robots, pilules alimentaires, néons fluorés – une vision moderne, super technologique avec une nourriture hyper élaborée ? Ou bien un bouton pour commander depuis chez soi les produits manquants pour qu’ils soient livrés directement à la maison (ah mais en fait, ça existe déjà cela !).

Mais non, le supermarché du futur sera, je le crois tout l’inverse, et cela commence déjà : un vrai retour aux bases, plus de superflu, moins d’emballages, des produits bruts et frais, de la sobriété, de l’artisanal, de la qualité, des rapports humains et toujours de la gourmandise.

Découvrez en 3 points (et un quatrième en toute fin d’article), pourquoi le supermarché du futur (s’il faut encore l’appeler ainsi) sera un vrai « retour aux bases ».

Lucia

Raison 1 : le supermarché d’aujourd’hui – c’est trop !

Il m’arrive encore de faire les courses au supermarché ou dans une supérette de mon quartier pour acheter certains produits (comme le chocolat – oh Lindt, je n’ai pas encore trouvé ton équivalent en bio et/ou équitable) même si je privilégie le marché (où je fais 80 % de mes courses) et les petits commerçants en général.

Et quand il m’arrive de m’y rendre, j’ai de plus en plus cette sensation d’étouffement, de mal-être même. La lumière intense, les musiques de variété indigestes, les caddies remplis de biens de consommation inutiles – un seul mot me vient en tête. C’est trop, tellement que cela en devient presque indécent. Mais trop de quoi ?

  • Trop de produits, trop grands

    rayon jus de fruit rallonge

    Rayon jus de fruits / boissons d’un centre commercial

Les grandes marques de supermarchés s’en vantent, mais quand on y réfléchit, c’est problématique. D’environ 100 000 produits de référence (alimentaires et non alimentaires) dans les hypermarchés (plus de 2 500 m2), à entre 5 000 à 10 000 dans les supermarchés et jusqu’à 2 000 dans les supérettes (de 120 à 400 m2)[i], et tout cela pourquoi ?

Réfléchissez-y, imaginez les rayons dans votre tête : un millier de jus de fruits différents, un rayon gâteaux à rallonge, des boites, des produits jetables, des crèmes pour les mains, pour les pieds, des produits nettoyant pour le bois, le verre, le sol, les tables…

Une caverne d’Ali Baba de l’inutile et du superflu, des biens qui additionnés les uns aux autres reviennent chers en plus de cela. Et pourtant pour faire son ménage, pas besoin de plus de 2 à 3 produits de base (qui ne coutent rien : du savon, du vinaigre blanc, du bicarbonate), pour bien manger, pas besoin de la plupart des produits que vous trouverez dans les rayons.

  • Trop de tentations

La réalité, c’est que le supermarché constitue un vrai antre de la tentation. Oh heures passées au rayon gâteaux, boissons sucrées, chips ou chocolats par des millions de consommateurs.

Loin de moi l’idée de dire qu’il faut pratiquer l’ascèse, et ne manger que des fruits et des légumes, et des choses saines, rien d’inutile pour la décoration, la beauté…Mais, la réalité est que quand on se rend dans les hypermarchés, on est tenté d’acheter des choses dont on a pas besoin et qui niveau qualité, pour le sucré, n’arrivent pas à la hauteur d’une bonne pâtisserie ou d’un gâteau fait maison.

Mais la configuration même du lieu vise à remplir notre caddie, comme le tonneau des danaïdes, inlassablement, en nous laissant toujours insatisfait.

  • Trop d’emballages

Qui dit trop de produits dit trop d’emballages. Mais cela va plus loin, dans le Monoprix de mon quartier, pas de rayon fruits et légumes classique, non ces derniers – la plupart emballés un par un dans du plastique – ont été disposés directement dans des rayons frais.

A l’heure du zéro déchet, à l’heure où on retrouve du plastique dans l’estomac des poissons – il est beaucoup plus simple dans d’autres lieux de privilégier les produits en vrac, de ramener ses sacs dans les petites boutiques ou les marchés. Au moins, le choix est laissé au consommateur.

  • Je n'ai compris que cette année que cette image était une pub pour Meetic, je croyais qu'il s'agissait d'un dessin dénonçant le fait que l'homme chutait de par la société de consommation

    Je n’ai compris que cette année que cette image était une pub pour Meetic, je croyais qu’il s’agissait d’un dessin dénonçant le fait que l’homme chutait de par la société de consommation

    Pas assez de rapports humains

Réfléchissez-y : les interactions se limitent au strict minimum, il faut être efficace. Elles peuvent même être réduites à néant si on passe à la caisse électronique.

Marchés de producteurs, petits magasins, boulangeries, AMAP, « ruches qui dit oui » etc. Une des principales différences réside là – l’existence de rapports humains et d’interactions. Pour ceux qui le souhaitent, il sera possible de sympathiser ou d’échanger avec son boulanger, les producteurs du marché etc. Un sourire, des herbes du jardin gratuites, un compliment. De la vie.

  • Trop de gaspillage alimentaire

Trop de tout, trop de tout pour rien et au final de nombreux produits qui sont jetés, gaspillés alors que d’autres ont faim.

  • Trop cher pour ce que  c’est

J’ai fait le test, depuis que je ne fais plus principalement mes courses dans les grands centres commerciaux, donc depuis 6 ans environ, me nourrir ne me revient pas beaucoup plus cher. Et pourtant, je me tourne vers des productions locales, de saison, quand cela est possible bio.

Cela est principalement dû au fait, que moins tentée, j’achète moins mais par contre quand je me fait plaisir j’y vais à fond : petite pâtisserie, fromage aux truffes, viande fermière et bio…

Étal de magasin bio : encore beaucoup de produits qui viennent de loin, mais c'est un premier retour aux bases

Étal de magasin bio : encore beaucoup de produits qui viennent de loin, mais c’est un premier retour aux bases

Raison 2 : les besoins et les attentes changent – la sobriété et la simplicité deviennent tendance

Les « consommateurs citoyens » sont de plus en plus attirés par les productions du terroir, simples, l’artisanal, les fruits et les légumes d’antan.  On se remet à faire la cuisine, même si ce n’est pas « top chef » tous les soirs, avec un partage des tâches équitable bien sûr (sinon, c’est plus difficile ;)), les petits plats maison simples reviennent en force.  Les récents scandales alimentaires participent de ce mouvement : les lasagnes au bœuf à la viande de cheval, les rappels de produits, les additifs et colorants dont l’inoffensivité demeurent sujets à caution.

Et même si encore 72 % de la dépense alimentaire des français est réalisée en grandes surfaces (hypermarchés, supermarchés et hard discount)d’après les données de l’Insee, qui datent de 2011[1], les choses changent.

Et même si « la France est saturée de centre commerciaux » – bien plus que d’autres pays, voir le très bon article de Reporterre à ce sujet – avec des chiffres qui donnent le vertige (66 millions de m² de centres commerciaux), le développement des « supérettes » (notamment celle des grands groupes de types Monop daily) et le succès croissant des supermarchés bio reflètent la mutation des attentes des consommateurs.

Raison 3 : ça existe déjà : en Belgique, en Italie et ça se développe en France !

et en avant la cagette, les produits frais, artisanaux et bios !

et en avant la cagette, les produits frais, artisanaux et bios !

Jusqu’à tard, je me moquais doucement des gens qui aimaient faire leurs courses au marché, qui allaient dans mille petites boutiques pour avoir du bon pain, de la bonne viande, des produits frais et de qualité.

Je ne me moque plus, j’adhère à 100 %. Je promeus. J’adore aller au marché le dimanche midi (oui, impossible d’y aller plus tôt vive la grasse mat, et je milite pour des marchés ou des boutiques de producteurs ouverts toute la journée) où j’ai la chance d’avoir des stands de producteurs. J’ai également sympathisé avec le propriétaire d’une boutique de vrac près de mon boulot.

Espace vrac du marché des tanneurs

Espace vrac du marché des tanneurs

Je ne suis pas la seule. En Italie, nous avions fait un article sur le succès des marchés de producteurs de la fondation « Campagna amica », un monde fou, une ambiance merveilleusement conviviale. Et j’ai vu cela ailleurs, notamment à Bruxelles très récemment. Un hangar aménagé, une file énorme pour entrer, il s’agit du marché des Tanneurs…et à l’intérieur, quoi ? Des fruits, des légumes, de saison, locaux, des produits artisanaux, du vrac – on prend sa cagette et on se lance – le retour aux bases est à la mode. Et c’est tant mieux !

En effet, pour conclure, « faire les courses » dans le futur, si on ne passe pas par la case super ou hypermarché – ce ne sera pas moins d’emploi ni plus cher, ce sera même l’inverse.

Intervista Campagna AmicaDes productions locales, des producteurs qui vendent des choses de qualité au juste prix, des petites boutiques, des marchés, de l’emploi il y en aura ! Local qui plus est, et très certainement plus souvent bio, moins emballé afin de répondre aux nouvelles attentes.

Ce ne sera pas non plus cher, à l’unité peut-être, mais pour une qualité plus grande. Moins de tentations pour du superflu industriel, cela signifie plus d’argent pour le reste.

Et ce n’est certainement pas notre santé, notre environnement et nos papilles qui s’en plaindront !

Bonnes courses ;)

Lucia

Ps : je n’ai pas ici parlé d’une raison 4 – qui mériterait de creuser plus sérieusement la chose, mais la faim, la raréfaction des ressources causées par de multiples facteurs, nous obligent déjà et nous obligeront demain plus encore à revenir aux bases afin de continuer à nourrir ce monde sans le détruire.


[1] Source : https://www.insee.fr/fr/statistiques/1283665


Share and Enjoy

  • Facebook
  • Twitter
  • LinkedIn

Leave a Reply