Qu’est-ce qu’on mange dans le futur ? La réponse en 4 films

nourriture futur developpement durablePetit article spécial festival de Cannes !

Que mangerons-nous dans cinquante, dans cent ans ou plus ? Aurons-nous assez à manger ? Nous nourrirons-nous de pilules, de poudres, d’insectes ? Connaîtrons-nous encore le « concept » des produits frais ou mangerons-nous exclusivement des plats préparés et/ou lyophilisés ?

Le cinéma – à travers les films d’anticipation – imagine l’avenir de notre alimentation. Comme le souligne le très bon film Demain, la vision du futur dans ce genre cinématographique  peut être assez catastrophique et pessimiste mais elle reflète par contre très bien nos peurs actuelles.

Allons faire un petit tour dans le futur alimentaire imaginé par le cinéma dans les films 1984, Retour vers le futur II, Soleil vert et La Machine à explorer le temps, ça fait réfléchir !

Bonne lecture ! Lucia

1984 : rationalisation, faim, nourriture sans saveur

J’ai lu pour la première fois le livre de George Orwell cette année, et je conseille vivement de se lancer à tous ceux qui comme moi serait en retard sur les nombreux classiques ! L’ouvrage a été adapté en film qui est sorti en….#hommage ….1984 !

Un peu de contexte

Dans la société de Big Brother, les habitants de la planète sont divisés en trois zones : l’Océania, l’Estasia et l’Eurasia. Au sein de l’Océania, la société totalitaire de Big Brother, tout le monde est épié par les « télécrans »,  les rares dissidents commettant des « crimes par la pensée » disparaissent, sont torturés puis pendus. Les individus n’ont pas le droit d’exprimer tout sentiment d’amour, la haine et la peur contre l’Estasia et l’Eurasia est chaque jour entretenue. Le passé est réinventé quotidiennement par le parti. Le héros du film, Winston travaille au ministère de la vérité à cette tâche. Il rencontre Julia avec qui il commence à reprendre espoir sur la capacité à lutter contre Big Brother.

« Vous savez pour moi dans ce ragout, il n’y a pas un seul morceau de viande. On dirait de la viande, ça a le gout de viande, mais c’est pas de la viande » un collègue de Winston

« Vous savez pour moi dans ce ragoût, il n’y a pas un seul morceau de viande. On dirait de la viande, ça a le gout de viande, mais c’est pas de la viande » un collègue de Winston

Qu’ est-ce qu’on mange dans le futur imaginé de 1984 ?

Tout est rationné, même le chocolat. Les chiffres rendus publics font part d’une augmentation de la production agricole, la réalité est que les gens ont faim, surtout les prolétaires. Au tout début du film, une scène dans la cantine d’un ministère, montre le personnage principale manger à reculons un « ragoût peu ragoutant ».

Les aliments n’ont plus de réel saveur ni valeur nutritive, le sucre est remplacé par la « saccharine », le café, le lait sont remplacés par des substituts. Le héros est progressivement ramené à la vie par Julia, qui lui permet aussi de redécouvrir les saveurs d’antan, en se fournissant au marché noir de « vrais » sucre, café et chocolat.

 « Du café du vrai café »

« Du café du vrai café »

Un futur possible ?

S’agissant du rationnement et de la faim, nous sommes à l’ère des grands écarts, des espaces et des populations pour qui la nourriture n’a jamais semblé aussi accessible, de manière presque indécente, mais la faim existe toujours et touche près de 8 millions de personnes, le rationnement également. On peut citer l’exemple très récent du Venezuela.

Par contre, contrairement à la société de 1984, les citoyens ont la possibilité de s’exprimer, de dénoncer de soutenir ou de créer des initiatives dans de nombreuses sociétés. Donc notre marge de manœuvre existe, ce qui n’était pas le cas du pauvre Winston.

Retour vers le futur 2 : technologies, marques et junk food

Ce n’est que dans « Retour vers le futur 2 » qu’il y aura réellement une représentation du futur, vu que le premier volet se déroulait dans le passé. Sorti en 1989, le film se déroule en 2015. L’année dernière, de nombreux médias se sont lancés dans l’exercice : est-ce que l’image de la société de 2015 correspondait bien à la réalité ? La réponse est en demi-teinte, mais il y a  eu de sacrés bonnes intuitions, de la vidéo conférence aux lunettes Google. Je vous conseille la lecture de cet article de l’Obs si vous voulez creuser. 

Qu’ est-ce qu’on mange dans le futur imaginé de Retour vers le futur 2 ?

nourriture retour vers le futur

Vision très américaine de la nourriture du futur : on boit du Pepsi perfect, on mange des pizzas de chez « Pizza hut ». Les marques des années 80 sont toujours là mais ont évolué. Les prix aussi, le Pepsi est à 50 $. La technologie règne : les pizzas sont vendues dans de petits sachets, déshydratées, elles retrouvent leur taille après être passées dans un grand appareil. Elles ne sont pas très appétissantes, avouons-le, j’ai tout de même vécu plus de 4 ans en Italie ;)

Ce sont des robots (plus précisément des écrans représentant des stars) qui prennent les commandes et servent les clients. Par contre à la maison, il reste quand même possible de manger des légumes, un potager rétractable est installé au-dessus de la table à manger !

Un futur possible ?

La domination de l’industrie et des marques alimentaires dans notre alimentation existe bel et bien comme l’a montré Naomi Klein dans son ouvrage « No Logo : la tyrannie des marques ». Le site Tuxbord évoquait le fait que 472 marques très connues du secteur alimentaires sont possédées par 10 multinationales.

La disparition des serveurs remplacés par des robots (ou plutôt du self-service et des robots) existe déjà aussi dans certains restaurants, en particulier aux Etats Unis. Par contre, les pizzas ne sont pas encore vendues déshydratées, et le goût pour le « bien manger », le contact avec les petits producteurs sont plus qu’une mode, mais un mouvement de fond dans plusieurs pays.

Soleil vert : faim, déconnexion et pilules amères

Un peu de contexte

Film d’anticipation sorti en 1973 avec comme acteur principal Charlton Heston, il est très rapidement devenu culte. Le New-York de 2022 – inspiré du roman Make Room! Make Room! d’Harry Harris – souffre de plusieurs maux : surpopulation, faim, inégalités massives entre les riches et les pauvres, violence.

Émeutes de la faim

Émeutes de la faim

Qu’ est-ce qu’on mange dans le futur imaginé de Soleil vert ?

Pour se nourrir, la population avalent des pilules produits par la Société Soylent qui sont rationnée par les pouvoirs publics. Les longues queues avec des mères et leurs enfants en pleur, les agressions, la violences, le recours au marché noir pour remanger la nourriture du passé font parti du quotidien.

Les fruits et les légumes sont devenus un luxe, les fermes sont des endroits cloisonnés de haute sécurité. La déconnexion est totale entre les habitants et ce qu’il mange. Le dénouement final – choquant et désespérant d’inhumanité – montre ô combien cette déconnexion porte le risque de manger des choses que jamais on se souhaiterait  mettre en bouche.

Un futur possible ?

La déconnexion totale entre des villes surpeuplées et des campagnes vides est un enjeu très contemporain, même si nous sommes loin de la société imaginée par Soleil vert. 54 % de la population mondiale vit ainsi en ville, en 2050, le pourcentage passera à 66 %. Le côté positif, c’est que la prise de conscience de cet enjeu grandit. De nombreuses villes développement des projets pour garantir une meilleure sécurité alimentaire, par exemple en développant des ceintures vertes autour des villes, des associations comme Terre de liens soutiennent les jeunes agriculteurs pour acquérir des terrains de plus en plus chers de par la pression foncière.

La machine à explorer le temps : végétarisme, cannibalisme et dépendance

Un peu de contexte

Les Morlocks

Les Morlocks

Roman classique de H. G. Wells adapté en film en 1960, l’action se situe dans l’Angleterre de 1899. Le héros, George, est un scientifique qui vient d’inventer une machine à explorer le temps. Son voyage dans le futur l’amène à découvrir la première, puis la seconde guerre mondiale. En 1966, il s’arrête de nouveau et découvre un Londres menacé par des champignons atomiques, il voit la destruction de sa ville et avance jusqu’ en 802 701. Là il découvre un environnement luxuriant et une population vivant en harmonie avec la nature. Mais sous terre se cachent les Morlocks, des monstres. Après les conflits, l’humanité s’est divisée en deux, les hommes qui se sont réfugiés sous terre sont devenus des Morlocks et ceux qui sont resté à la surface, des Elois. Ces derniers ont perdu tous les savoirs et sont complètement dépendants des Morlocks pour leur survie.

Repas des Elois

Repas des Elois

Qu’ est-ce qu’on mange dans le futur imaginé de La machine à explorer le temps ?

Les Elois suivent un régime basé sur la consommation de fruits. Ils ne cultivent rien, ce sont les Morlocks qui les nourrissent. En effet, ces derniers élèvent les Elois comme des animaux. Les Elois ne vieillissent pas, ils seront mangés avant…au son d’une sonnette, on leur a enseigné à tous se diriger vers les souterrains où ils finiront dans les assiettes de leurs anciens frères humains.

« Tel était donc le destin des Elois, être élevés comme du bétail par les Morlocks qui avaient dégénéré jusqu’ à l’ultime bassesse humaine, le cannibalisme ».

Un futur possible ?

Il m’est difficile de m’imaginer comme H.G Wells l’an 802 701, ce qui est sûr est que la capacité de l’humanité à se nourrir est effectivement liée à sa capacité à garantir la paix, à protéger la planète et à faire preuve de solidarité et d’ambition pour changer les choses.

 Et vous comment imaginez-vous notre alimentation dans le futur ? 

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